Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Actu

  • De la victime et du héros

    Je suis ravi de la participation de mon ami CAUJAC au blog, le but étant de créer progressivement un site communautaire distinct de celui-ci.

    Le thème traité est d'actualité, et je n'aurais pas dit mieux. Merci à lui de m'autoriser à reproduire ces lignes.

    "Les journalistes de Charlie Hebdo ne sont pas des héros mais des victimes.

    Des victimes d’une barbarie qui grandit. Les victimes de fanatiques pour qui la dignité humaine ne signifie pas grand-chose. Des victimes de l’inconséquence de nos gouvernants vis-à-vis de la menace terroriste. Des victimes… mais pas des héros.

    Je sais que l’émotion est forte, qu’il faut penser d’abord aux morts et à leurs proches, que l’unité nationale est plus que jamais nécessaire, que c’est la goutte de trop pour beaucoup de Français, en particuliers ceux sur qui ont crachait il y a encore quelques heures en raison de leur prétendue « islamophobie ».

    Je pourrais me réjouir en pensant que, enfin, nos élites vont prendre la mesure du danger islamiste en France. Mais je ne peux pas m’empêcher d’être révolté par les injustices, les amalgames et les deux-poids-deux-mesures qui inondent les médias depuis cette tuerie.

    Non je ne suis pas Charlie !

    Je veux bien condamner les fous d’Allah, je ne veux pas pour autant hurler avec les loups et faire des journalistes de Charlie Hebdo des martyrs.

    Oui, la liberté d’expression est une liberté fondamentale, réellement ! Les mots et les livres n’ont jamais tué personne. Mais nos élites réalisent-elles que cette liberté, elles l’ont séquestrée, travestit et réservée à une partie, seulement, des Français.

    Ceux qui réclament à corps et à cris la tolérance pour ces irrévérencieux dessinateurs de Charlie, où étaient-ils lorsque les caricatures de Taubira, les « quenelles » et les spectacles de Dieudonné étaient condamnés ?

    Combien de tabous dans notre société ? Combien d’Ayatollahs de la pensée unique dans notre République de la liberté d’expression ? Combien de mesures liberticides ? Combien de débats refusés ?

    Les gens redécouvrent subitement que les armes de guerre font plus de dégâts que les blagues et les dessins douteux.

    Si certains ne peuvent pas parler, ne peuvent pas être entendus, et participer à un véritable dialogue, non seulement chacun restera figé dans ses certitudes, mais d’autres moyens « d’expression », beaucoup plus violents, seront adoptés.

    Non je ne suis pas Charlie !

    Si les fous qui ont massacré ces pauvres victimes sont les rejetons d’une religion très ambigüe dans sa lettre, son histoire, son interprétation et son organisation ; s’ils s’inscrivent dans des tensions géopolitiques qui dépassent notre pays ; s’ils sont les ultimes responsables d’un acte odieux librement posé ; je n’oublie pas, pour autant, combien est grande la responsabilité de tous ceux qui, depuis 45 ans, imposent à la France une immigration suicidaire, un reniement de notre identité la plus profonde, l’avilissement des choses les plus sacrées et l’atomisation de la société.

    Toute cette classe politico-médiatique, Charlie Hebdo inclus, a rendu possible la prolifération de ces tueurs sanguinaires et l’atonie de la population française.

    Donc non ! Je ne suis pas Charlie.

    Je suis Laurent, je suis Marie, je suis Robert, je suis Karim, je suis Fiona, je suis même Kevin si vous voulez, je suis tous ceux qui veulent vivre tranquillement, librement, simplement, en respectant la France et les tous les Français.

    Ce qui est dommage dans cette histoire, c’est que, encore une fois, nous avons raté l’occasion de susciter une véritable et profonde unité nationale, source de réconciliations et d’actions communes.

    Là où nous aurions du dire : « Charlie Hebdo était un des multiples visages de la France mais par cet acte barbare, c’est toute la France et tous les Français qui sont touchés » nous avons préféré le mot d’ordre : « La France fait sienne tout ce qu’était Charlie Hebdo ».

    Là où la France aurait du englober tous les Français, Charlie compris, c’est Charlie qui nous a tous englobé.

    Voilà le sentiment gênant que donne cette affaire. Et cela, c’est accepter de laisser un certain nombre de Français, sinon à l’extérieur de la communion nationale, au moins dans une position bien inconfortable"

    CAUJAC