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  • Les genres (?) ou les facettes multiples des idéologies.

    La théorie du genre existe-t-elle? Un certain nombre de tenanciers de sites internet évoquent la nécessité d'une différenciation entre LA théorie du genre qui n'existerait pas, une théorie du genre qui est promue par la gauche au pouvoir et les théories du genre qui ne seraient pas toutes mauvaises (articles de Fikmonskov et Incarnare)...D'autres lui répondent ( le Salon beige). Il n'est pas question ici de me disputer avec personne mais d'apporter ma pierre à l'édifice.

    Parlons donc tout de suite du...communisme. Oui, oui. Du communisme.

    Mais au final de quel communisme allons nous traiter ? Le marxisme originel, le communisme clandestin des milieux ouvriers miniers et des dockers, le soviétisme russe de 1917, le soviétisme nationaliste après la seconde guerre mondiale, le communisme chinois, le communisme de Pol Pot, celui de Tito ou de Caucescu, le communisme nord coréen, le communisme cubain, le communisme de Trotski, le communisme des jeunesses des années 70, celui de Che Guevarra, le communisme français, le communisme de la théorie de la Libération, le communisme opportuniste des pays arabes, le communisme anti-colonial des colonies portugaises, le communisme qui est parvenu au pouvoir, celui qui n'y a jamais été, celui qui a influencé des réformes, le communisme universitaire et théorique, le communisme pratique ?

    Mince, il semble qu'il y ait autant de communismes avec leurs particularités qui imposent alors une étude au cas par cas!

    Et après tout certains communismes ne sont pas dénués de causes et d'analyses légitimes! Pauvreté, abus, panne sociale, misère...le communisme a aussi pu être une réponse concrète aux injustices vécues par de nombreuses personnes, et parfois des analyses et des solutions proposées pouvaient être justes et adaptées à une situation donnée.

    Pourtant en soi, l'organisation générale de ces régimes, courants de pensée, etc, s'inscrivent dans LE communisme. Communisme qui est bien incompatible avec la conception chrétienne de la Cité et de l'homme Et ce n'est pas la possibilité d'avoir une analyse juste ou certaines idées justes qui justifie par ailleurs une telle pensée.

    Et bien pour le gender c'est à peu près la même chose. Il peut y avoir des multitudes d'études de genre, n'oublions pas qu'il y a UNE théorie du gender, qui se fonde dans un courant général autour d'une réflexion portant sur, pour citer Fikmonskov ""Quelle est la part de naturel et quelle est la part de culturel dans les comportements couramment attribués à l’un des deux sexes ?"

    Mais posons nous plutôt la question du pourquoi de ce thème de recherche. Comme pour l'apparition du communisme qui partait d'une paupérisation d'une partie de la population, le gender part d'un constat vrai: la femme occidentale a une vie radicalement différente de celle de ses aïeules et cela remet en cause les rapports homme/femme.

    Alors? Et bien il y a deux manières d'aborder le constat.

    - soit on est un bon produit de la société moderne et on se dit : "Mais au fond, si la femme n'a pas pu faire ce qu'elle voulait tout ce temps, c'est qu'elle était opprimée. Mais qu'est ce qui justifiait réellement cette oppression? La nature féminine ou la société masculine et ses stéréotypes", ce qui devient au fil du temps, "Quelle est la part de naturel et quelle est la part de culturel dans les comportements couramment attribués à l’un des deux sexes ?". Un peu comme Marx a interrogé la paupérisation: si l'ouvrier est dans cette situation c'est qu'il est opprimé. Quelle est la part de la domination des classes dirigeantes dans la situation des classes dominées? Au final la réponse sera presque tout. Et ensuite, comment y répondre? On a vu les réponses révolutionnaires concrètes au XXème siècle.

    - soit on interroge chrétiennement cette situation. Pour le communisme on a eu la doctrine sociale: pas de lutte des classes, mais une nécessité d'organiser la charité dans la société afin de répondre à un déséquilibre malsain. Pour le gender on relit la Bible bien sur, puis les encycliques sur l'homme et la femme de Pie XI à Benoît XVI, sans oublier de beaux passages de François. Et on constate que la réponse probable à ce constat ne se situe pas dans une question d'inné/acquis, naturel/culturel, supériorité/infériorité mais dans l'étude d'une complémentarité inscrite depuis le texte de la Genèse et qui demeure malgré le péché originel, renouvelée par la Rédemption.

    On voit bien, comme pour le communisme, que la réponse soulevée par rapport à un constat identique diffère. Dans une conception chrétienne on part un constat et on y répond par l'expérience d'une institution qui interroge l'homme depuis 2000 ans et qui sait que l'homme n'est pas la mesure de lui même. Dans une conception moderne on interroge le constat avant de répondre à la question et pas au constat. On crée de l'idéologie.

    Pour revenir au gender, la question est de plus stimulante intellectuellement: il y a des garçons qui aiment la danse classique et des femmes qui adorent les mathématiques appliqués. Pourquoi? Quelles influences? Néanmoins elle pose gravement problème car elle interroge mal le sujet. Elle l'interroge à la manière d'un néo-marxisme qui n'a de solution que matérialiste.

    Qu'est-ce qui relèvera du naturel ? La famille est une réalité naturelle. Et la Cité? La question est intéressante. Je n'ai pas vu que les études de genre tiennent vraiment compte de ces réalités naturelles dans la case "nature". Qu'est-ce que la nature tout simplement pour un moderne, le sociologue, le psychologue, le juriste...sinon une peau de chagrin face à la volonté humaine toute puissante, mesure d'elle même, qui peut changer les choses.

    Voilà pourquoi je crois fermement qu'il y a UNE "théorie" du gender, matérialiste, dialectique, idéologue. Elle peut prendre des formes très variées et apporter des réponses intéressantes ou dramatique, mais elle reste une théorie qui apporte une réponse à une interrogation sur le réel au lieu de répondre au réel.

    Elle peut devenir une grave idéologie qui fait d'une idée un absolu : rien ou presque n'est naturel, tout est culturel, donc la société ancienne doit être abrogée. On en perçoit les effets stupides: aseptisation des jouets, des cartables, quotas, discrimination positive, etc.


    Alors attention.