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société

  • D'une réponse qui me laisse perplexe

    Il ne s'agit pas ici de critiquer per se la position de sens commun, qui effectue du travail qui va dans le bon sens pour la défense des enfants et de la famille (malgré ma réserve sur l'utilité et les conséquences de leur implication dans l'UMP, mais en bon disciple de Jean OUSSET je ne vais pas me désoler de l'action à tous les niveaux), mais de m'étonner d'un point particulier de la réponse sur la PMA réservée aux couples hétérosexuels stables.

    J'avais eu déjà le même malaise lors du rapport du Grenelle de la famille, qui reprenait la même position, stratégique sans doute, mais qui laisse de côté l'essentiel : l'immense majorité des PMA est effectuée par des couples hétérosexuels stables.

    Or cela soulève de nombreuses questions délaissées totalement aujourd'hui alors qu'elles sont essentielles, anciennes et toujours actuelles.

    Ce n'est pas la première fois que j'ai cette analyse, mais il apparaît de plus en plus clairement que le combat contre le mariage pour les couples de même sexe a entraîné une occultation d'autres éléments et une analyse incomplète de certaines pratiques, en ce notamment la PMA.

    Les problématiques familiales actuelles sont ainsi analysées par rapport à la question du mariage et de la filiation, alors que cela dépasse aussi ces sujets.

    Voici donc ma lettre adressée à Monsieur Leroy, laquelle ne veut que participer au débat sur ce point.

    "Monsieur LEROY,

    J'ai été assez surpris par la teneur de votre mise au point concernant le départ de Mme FAIVRE de sens commun.

    Je vous cite: "La PMA en France doit être réservée aux couples homme-femme stables et médicalement stériles ; la GPA doit rester interdite en France et la France doit œuvrer au plan international pour que le trafic de mères et d’enfants recule" et plus loin "’enjeu, la priorité absolue, c’est la protection de l’enfant et donc la remise en cause de la filiation permise par la loi Taubira. Il faut empêcher l’instauration de ce “droit à l’enfant” qui est une folie et pour l’empêcher, il faut donc abroger la loi Taubira puisqu’elle y mène tout droit".

    Je ne comprends pas vraiment comment on peut d'un côté combattre la loi Taubira au nom du refus du droit à l'enfant  tout en acceptant d'un autre côté ce même droit à l'enfant pour les couples stables hétérosexuels.

    Je comprends bien la problématique de l'impossibilité médicale d'avoir des enfants et la souffrance que cela implique, mais cette souffrance est parfaitement identique à celle des homosexuels qui certes par nature et non par accident, ne peuvent avoir d'enfants. Cette souffrance est également la même concernant un célibataire (qui peut d'ailleurs adopter, même si les origines de la loi étaient circonstancielles à l'époque). 

    En aucune manière une souffrance ou une incapacité accidentelle ne justifie le maintien de pratiques anormales. C'est d'ailleurs cet argument irrationnel de la souffrance qui nous était opposé lors de la présentation du projet de loi ou dans les débats avec des membres de LMPT.

    L'intérêt de l'enfant dans ces différents cas ne se limite pas au seul accès à ses origines. Il serait sinon urgent de supprimer la naissance sous X fort utile pour inciter des femmes à éviter l'avortement.

    L'intérêt de l'enfant est de naître d'une union fertile afin d'avoir non seulement accès à ses origines et de garantir sa filiation, mais également et surtout d'avoir la certitude de ne pas être le résultat d'un droit à l'enfant, quelle que soit la situation et quelle que soit la méthode utilisée: médicale pour la PMA/GPA d'un couple homosexuel ou hétérosexuel, juridique pour l'adoption par les célibataires (au moins pour de jeunes enfants, je comprends la possibilité d'adoptions de personnes majeures par des célibataires).

    Ayant pu fréquenter une personne ayant eu recours à la PMA, je puis vous affirmer que leur souffrance réelle de ne pas avoir d'enfant se traduit de manière déformée par le droit d'avoir un enfant puisque la technique médicale le permet.

    Les conséquences pour les enfants sont assez terribles, entre soulagement d'être né par cette technique qu'ils approuvent en conséquence et compréhension d'être le fruit d'un droit à l'enfant, ce qui n'est pas vraiment agréable.

    L'apparition de la PMA (en 1994 il me semble) pour les couples stériles a été le point d'entrée principal des renvendications LGBT, et avec un raisonnement fort logique d'ailleurs, pour parvenir à l'élargissement de cette pratique à tous les couples.

    On voit mal avec cette position ambigüe sur la PMA pourquoi refuser la GPA aux couples stériles du fait d'une incapacité éventuelle de porter un enfant in utero (rejet, problème génétique, malformation). C'est d'ailleurs cette logique qui prévaut dans de nombreuses législations mortifères à l'étranger.

     Soit on interdit la PMA pour tous et il n'y a pas de porte d'entrée pour des revendications argumentées relevant du droit à l'enfant, soit on laisse perdurer des éléments sources d'incohérence.

    Sans compter que la PMA soulève, au delà des questions de filiation et de droit à l'enfant, des questions éthiques graves absentes totalement du débat sur ce sujet: quid des embryons surnuméraires, de leur congélation, de leur élimination in utero, de la sélection eugéniste qui commence à apparaître à l'étranger, des naissances multiples (3,4,5 enfants), des problèmes de santé de ces enfants, etc.

    Le problème de la PMA pour les couples hétérosexuels stables se pose gravement sur tous ces points actuellement. J'avais d'ailleurs été assez déçu à ce titre par le Grenelle de la Famille dont vous ne faites au fond que reprendre l'une des propositions.

    Je comprends bien qu'il y a un esprit tactique dans cette démarche (je l'espère du moins), mais pour autant il n'est peut être pas la peine de mentionner une telle incohérence publiquement.

    Restant à votre disposition,"





  • Les genres (?) ou les facettes multiples des idéologies.

    La théorie du genre existe-t-elle? Un certain nombre de tenanciers de sites internet évoquent la nécessité d'une différenciation entre LA théorie du genre qui n'existerait pas, une théorie du genre qui est promue par la gauche au pouvoir et les théories du genre qui ne seraient pas toutes mauvaises (articles de Fikmonskov et Incarnare)...D'autres lui répondent ( le Salon beige). Il n'est pas question ici de me disputer avec personne mais d'apporter ma pierre à l'édifice.

    Parlons donc tout de suite du...communisme. Oui, oui. Du communisme.

    Mais au final de quel communisme allons nous traiter ? Le marxisme originel, le communisme clandestin des milieux ouvriers miniers et des dockers, le soviétisme russe de 1917, le soviétisme nationaliste après la seconde guerre mondiale, le communisme chinois, le communisme de Pol Pot, celui de Tito ou de Caucescu, le communisme nord coréen, le communisme cubain, le communisme de Trotski, le communisme des jeunesses des années 70, celui de Che Guevarra, le communisme français, le communisme de la théorie de la Libération, le communisme opportuniste des pays arabes, le communisme anti-colonial des colonies portugaises, le communisme qui est parvenu au pouvoir, celui qui n'y a jamais été, celui qui a influencé des réformes, le communisme universitaire et théorique, le communisme pratique ?

    Mince, il semble qu'il y ait autant de communismes avec leurs particularités qui imposent alors une étude au cas par cas!

    Et après tout certains communismes ne sont pas dénués de causes et d'analyses légitimes! Pauvreté, abus, panne sociale, misère...le communisme a aussi pu être une réponse concrète aux injustices vécues par de nombreuses personnes, et parfois des analyses et des solutions proposées pouvaient être justes et adaptées à une situation donnée.

    Pourtant en soi, l'organisation générale de ces régimes, courants de pensée, etc, s'inscrivent dans LE communisme. Communisme qui est bien incompatible avec la conception chrétienne de la Cité et de l'homme Et ce n'est pas la possibilité d'avoir une analyse juste ou certaines idées justes qui justifie par ailleurs une telle pensée.

    Et bien pour le gender c'est à peu près la même chose. Il peut y avoir des multitudes d'études de genre, n'oublions pas qu'il y a UNE théorie du gender, qui se fonde dans un courant général autour d'une réflexion portant sur, pour citer Fikmonskov ""Quelle est la part de naturel et quelle est la part de culturel dans les comportements couramment attribués à l’un des deux sexes ?"

    Mais posons nous plutôt la question du pourquoi de ce thème de recherche. Comme pour l'apparition du communisme qui partait d'une paupérisation d'une partie de la population, le gender part d'un constat vrai: la femme occidentale a une vie radicalement différente de celle de ses aïeules et cela remet en cause les rapports homme/femme.

    Alors? Et bien il y a deux manières d'aborder le constat.

    - soit on est un bon produit de la société moderne et on se dit : "Mais au fond, si la femme n'a pas pu faire ce qu'elle voulait tout ce temps, c'est qu'elle était opprimée. Mais qu'est ce qui justifiait réellement cette oppression? La nature féminine ou la société masculine et ses stéréotypes", ce qui devient au fil du temps, "Quelle est la part de naturel et quelle est la part de culturel dans les comportements couramment attribués à l’un des deux sexes ?". Un peu comme Marx a interrogé la paupérisation: si l'ouvrier est dans cette situation c'est qu'il est opprimé. Quelle est la part de la domination des classes dirigeantes dans la situation des classes dominées? Au final la réponse sera presque tout. Et ensuite, comment y répondre? On a vu les réponses révolutionnaires concrètes au XXème siècle.

    - soit on interroge chrétiennement cette situation. Pour le communisme on a eu la doctrine sociale: pas de lutte des classes, mais une nécessité d'organiser la charité dans la société afin de répondre à un déséquilibre malsain. Pour le gender on relit la Bible bien sur, puis les encycliques sur l'homme et la femme de Pie XI à Benoît XVI, sans oublier de beaux passages de François. Et on constate que la réponse probable à ce constat ne se situe pas dans une question d'inné/acquis, naturel/culturel, supériorité/infériorité mais dans l'étude d'une complémentarité inscrite depuis le texte de la Genèse et qui demeure malgré le péché originel, renouvelée par la Rédemption.

    On voit bien, comme pour le communisme, que la réponse soulevée par rapport à un constat identique diffère. Dans une conception chrétienne on part un constat et on y répond par l'expérience d'une institution qui interroge l'homme depuis 2000 ans et qui sait que l'homme n'est pas la mesure de lui même. Dans une conception moderne on interroge le constat avant de répondre à la question et pas au constat. On crée de l'idéologie.

    Pour revenir au gender, la question est de plus stimulante intellectuellement: il y a des garçons qui aiment la danse classique et des femmes qui adorent les mathématiques appliqués. Pourquoi? Quelles influences? Néanmoins elle pose gravement problème car elle interroge mal le sujet. Elle l'interroge à la manière d'un néo-marxisme qui n'a de solution que matérialiste.

    Qu'est-ce qui relèvera du naturel ? La famille est une réalité naturelle. Et la Cité? La question est intéressante. Je n'ai pas vu que les études de genre tiennent vraiment compte de ces réalités naturelles dans la case "nature". Qu'est-ce que la nature tout simplement pour un moderne, le sociologue, le psychologue, le juriste...sinon une peau de chagrin face à la volonté humaine toute puissante, mesure d'elle même, qui peut changer les choses.

    Voilà pourquoi je crois fermement qu'il y a UNE "théorie" du gender, matérialiste, dialectique, idéologue. Elle peut prendre des formes très variées et apporter des réponses intéressantes ou dramatique, mais elle reste une théorie qui apporte une réponse à une interrogation sur le réel au lieu de répondre au réel.

    Elle peut devenir une grave idéologie qui fait d'une idée un absolu : rien ou presque n'est naturel, tout est culturel, donc la société ancienne doit être abrogée. On en perçoit les effets stupides: aseptisation des jouets, des cartables, quotas, discrimination positive, etc.


    Alors attention.